BULLE N°4 – 21.02.2017

Back in business, baby !

Je ne sais pas si ça vient de cet entretien d’embauche tout à l’heure, de la percée frontiste dans les sondages, ou de ma testostérone galopante, mais je me suis réveillé ce matin épuisé ; épuisé de rêves. Deux me reviennent.

Le premier est clairement la grand-oeuvre de la nuit. Une relecture paranoïaque du mythe de Quasimodo sur fond de déliquescence européenne.

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Victor Hugo perplexe devant son rôle dans mes nuits

Je vis dans un petit village.

Pas très sûr de l’époque de la narration. L’architecture et les us semblent assez médiévaux, mais il y a des hockeyeurs…

Bref. Dans ce village, il y a des « forces du mal » (oui, je rêve beaucoup de forces du mal en ce moment ; et à part le fait que je SAIS qu’elles sont maléfiques, ces forces ne font jamais rien de répréhensible devant mes yeux). En l’occurrence, un type, un pauvre type je crois. Il n’est pas clair, s’il a déjà commis un/des crime(s) affreux, s’il projette de de le faire ou si je suis complètement paranoïaque. C’est ça, de regarder The Manchurian Candidate avant de s’endormir… Allez, demain, Conversation Secrète et au dodo, histoire de ne pas du tout, mais alors du tout, suspecter des complots à chaque détour de rêve !

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Yes ma’am

Bref, le type, au fond de moi je sens qu’il y a une couille, et je sens que je dois protéger mon village. C’est le sens que je donne à ma vie. Sinon autant s’allonger shooté aux somnifères sur la plage et attendre que la marée monte, qu’on en finisse.

Alors je fais ce que n’importe quel jouvenceau épris de justice dans cette époque sombre aurait fait : je rassemble une équipe de hockeyeurs. Un de chaque pays qui touche son palet avec une crosse, il y a du norvégien, du suédois, du finlandais, du danois, et je crois même qu’il y a quelques pays plus improbables de type méditerranéen. Ils ont tous leur beau maillot distinctif, nous sommes une troupe bariolée de rouge, de bleu, de blanc, sur la piste de la défense de la veuve et de l’orphelin. Visiblement, on n’en est pas encore à la fibre de carbone dans cet univers, donc je les arme avec ce qui s’en rapproche le plus : des faux.

Oui, des faux. La Confédération paysanne n’a qu’à bien se tenir.

C’est la nuit. Nous pourchassons le type (qui restera au maximum une silhouette à un coin de ruelle) à la lueur de la torche. Sans succès. Traqué, il finit par se réfugier dans l’église. Sur ses traces, mais trop courts, nous nous heurtons à la porte close. Il y a un peu de menaces de lynchage, un peu de tambourinage, mais les gonds tiennent bon. La joyeuse troupe décide de monter le siège. Même les forces du mal ne peuvent se nourrir exclusivement d’hosties et de vin de messe.

Mais au bout de quelques temps, la porte sacrée s’entrouvre. Pas de type, non, mais une figure apparemment bien connue de la populace : le prêtre local. Débonnaire, dévoué, aimé et respecté par tous, au-dessus de tout soupçon. Vous vous souvenez de ce bon vieux Rick Genievre ? Même phénomène ici, je SAIS que la façade ne pourrait être plus éloignée de la réalité, et que ce prêtre est soit le Dr Jekyll de son Mr Hyde, soit vient d’être perverti sous la sacristie par notre proie.

Il s’avance, plein de calme et d’autorité. « N’avez-vous pas honte, pêcheurs ? Quittez immédiatement la maison de Dieu ! ». La zizanie s’installe chez les hockeyeurs à faux. Cette confrérie jusqu’à présent unie et concentrée sur un seul but, le Bien, doute, s’oppose, se déchire. Des maillots bleus, des maillots rouges se détachent du groupe et protègent désormais l’entrée de l’église. A l’intérieur, le mal doit rire à gorge déployée, il doit hurler d’hilarité : mais je n’entends rien. Personne n’entend rien. Je doute aussi. Les hockeyeurs bien dévots (dont le Slovène, leader de ceux-là : pardon amis slovènes, ce ne sont que mes rêves) ont le dernier mot.

La confrérie est dissoute. Le siège levé. Les défenseurs des faibles rentrent chez eux, seuls, divisés, démantelés. Le Mal triomphe. Plus rien ne se dresse entre lui et l’asservissement complet de mon village. Le jour se lève. Je suis seul, maintenant. C’est marée basse. Je suis fourbu d’une nuit riche en mouvements. Je vais m’allonger sur le sable. Il est doux, chauffé par les premiers rayons de soleil. C’est agréable, le chaud, contre ma peau souillée de sueur, de cendres. Mes paupières sont lourdes. Je me tourne sur le côté. Je relâche ma tête. Je m’endors ; et je me réveille.

Maintenant, si je ne viens pas de rêver de la fin des haricots pour l’Union Européenne, dites-le moi, ça m’enlèvera un sacré poids.

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En berne, y Sanders

Bon, là-dessus, je me suis rapidement rendormi, et j’ai rêvé de mon ex, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, question dépression.

Notre ancien appartement, en région parisienne. Canicule. Elle a du partir pour le week-end, parce que je suis tout seul. Quand la nuit tombe, je me rends compte que plus aucune ampoule ne marche dans ce foutu appartement. Et visiblement, je ne sais pas changer les ampoules, puisque je ne fais absolument rien pour résoudre le problème jusqu’au dimanche soir (après tout c’est l’été, il fait jour tard… Je ne suis vraiment pas un cadeau dans mes rêves ; évidemment que je change les ampoules quand elles flanchent bordel de cul).

Mon ex rentre donc de week-end fatiguée, en nage, dans un appartement sans lumière. Si je vous dis qu’elle enrage, vous êtes surpris ? Elle change toutes les ampoules, sauf une, la salle de bain, qui semble inchangeable et dégage une lumière/un halo de lumière blanche, ce qui doit représenter la mort de notre relation, ou une connerie comme ça (nous n’avons pas rompu dans la salle de bain, ceci dit).

J’ai beau savoir changer les ampoules, je n’ai sans doute jamais pu être l’homme que tu voulais, chérie.

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